Aujourd’hui, je vous invite à la découverte d’un album qui aborde avec force le thème de la démocratie.
Un livre directement inspiré de l’histoire lue en 1961 par Tommy Douglas, homme politique canadien.
Le Pays des Souris
Un livre écrit par Alice Méricourt et illustré par Ma Sanjin. Publié en 2020 aux éditions du Père Fouettard.
Résumé : Au pays des Souris, les souris élisent leurs chefs. Ce sont toujours de gros, gras, grands… chats noirs !
Jusqu’au jour où une petite souris a une nouvelle idée. Les ennuis ne font que commencer.
C’est l’histoire d’un pays qu’on appelait « Le Pays des Souris ». Tous les cinq ans, les souris votaient pour élire leurs nouveaux chefs. Elles élisaient uniquement des chats noirs.
Pour les chats.
Mais, pour les souris, la vie devenait de plus en plus dure.

Un jour, les souris en eurent assez. Elles retournèrent aux urnes en masse pour élire… des chats blancs.
Bien entendu, rien ne s’arrangea pour les souris… ce fut même le contraire.
La vie devenant trop rude, elles décidèrent d’élire de nouveaux chefs… et devinez de qui il s’agit ?… de chats noirs !
Et c’est ainsi que, jamais satisfaites, les souris changèrent de gouvernement tous les cinq ans… alternant chats noirs et chats blancs, voire gris…
Ceci dura longtemps. Jusqu’à ce qu’une petite souris bien éclairée propose à ses concitoyennes d’élire non plus des chats, mais… des souris.
Idée brillante au demeurant, mais comme toute idée novatrice, dure à accepter. La souris fut mise en prison.
L’idée a suivi sa destinée, et fait son chemin. La fin de l’histoire est donc, vous le devinez, beaucoup plus gaie.
Si on retrace l’origine de l’album Le Pays des Souris, sachez qu’il est directement inspiré de Mouseland, une histoire écrite par l’homme politique canadien Clarence Gillis et racontée par son ami Tommy Douglas en 1961, sur les ondes de la CBC (radio canadienne).
Cette fable politique visait à dénoncer le système canadien qui proposait aux électeurs de choisir entre deux partis, qui ne représentaient ni l’un, ni l’autre, leurs intérêts.
Le Pays des Souris invite les enfants à poser un regard critique sur la société.
Des discussions sur la démocratie sont une piste évidente à mener à partir de ce récit.
Les illustrations sont également des vecteurs de discussion. On pourra notamment mettre en opposition actes et attitudes, côté chats et côté souris.
Par exemple, on peut observer l’air affiché par les souris qui se plient aux ordres des chats : Ont-elles l’air heureuses ? Soumises ? En colère ? Peut-être un mélange de tout ça…
Le livre est affiché « à partir de 5 ans ».
Pour en saisir le sens profond et engager le dialogue à partir de l’histoire, je conseillerais de l’exploiter entre le CE1 et le CM2…
Un album vraiment original, une belle découverte !
N’hésitez pas à réagir à cette chronique, cela fait vivre le blog ! 😉






















Madame ou mademoiselle, je viens de découvrir avec émerveillement votre site. Si tous les enseignants avaient votre intelligence et votre conscience je crois que, même les plus « rétifs » des élèves seraient à un moment ou à une autre, captivés. Pour captiver, il faut « enchanter » comme le font les muses et les déesses lorsqu’elles veulent attirer l’attention des humains(en bien ou en mal selon leur fonction cosmique) Vous êtes une enchanteresse, une passionnée… Votre enseignement a un sens (pas « du » sens mais UN sens). Eveiller l »esprit des élèves, favoriser, stimuler leur imagination au moyen de textes contenant, des éléments de sagesse, des mises en garde, une morale… Ces petites histoires (celle du lapin et des souris) me font penser aux fables de Lafontaine. Elles-mêmes tirant leur inspiration d’un des plus anciens recueils de contes indien: le Pancatantra. Ils contient des fables animalières dont la visée est la même: dévoiler, faire réfléchir, mettre en garde, instruire… en prenant les animaux pour modèle. Dans votre manière de concevoir l’enseignement, vous incarnez ce qu’il devrait être. Un lieu d’éveil de conscience, de transmission, où l’enseignant a pour mission d’ « élever » (terme plus juste que celui d' »éduquer »). Elever suppose et implique un mouvement ascendant. Avec le soutien d’un tuteur (l’instit-tuteur entre autres). les hommes, les jeunes surtout ont, comme les plantes, besoin de tuteurs (parfois tout au long de leur vie) pour se diriger dans la bonne direction. J’en dirais bien plus mais pas de place…
Je viens de suggérer l’achat à la médiathèque… Merci pour cette présentation !!!
Contente que mes chroniques soient utiles 🙂
J’ai eu une réponse tout à l’heure, ce sera acheté à la prochaine commande ! J’ai hâte de le découvrir !
Le moins que l’on puisse écrire est que l’on a envie de l’avoir entre les mains pour découvrir à la fois le cheminement et l’issue de la réflexion des unes et des autres : me voilà… appâtée !
Ça a l’air extra ! Peut-on s’en servir pour expliquer comment marche la démocratie ?
Par extension… Ici on abordera plutôt la thématique de fond : qu’est-ce que la démocratie ?