Les groupes dans la phrase

Lutin Bazar

Introduire « les groupes dans la phrase »

Pour aborder les groupes dans la phrase, je me sers des séquences proposées dans Réussir son entrée en grammaire au CE1 et Réussir en grammaire au CE2 (Retz).

Les deux séquences sont très proches. J’ai fait le choix de partir du même texte pour les CE1 et les CE2 (« Le sapin de Noël » de RSEEG CE1 en l’occurrence). Je procède souvent de cette manière en menant une séance de découverte commune aux deux niveaux. C’est un choix personnel, mais j’estime qu’on a vraiment cette chance avec les nouveaux programmes, alors je ne m’en prive pas.

groupes dans la phraseA ce stade, on ne nomme pas encore les groupes.
On cherche les groupes à partir des questions « De qui parle-t-on ? » (pour le groupe sujet) et « Qu’est-ce qu’on en dit ? » (pour le prédicat).
Quant aux compléments de phrases, je les présente simplement en tant que groupes « bonus » qui ajoutent des informations à la phrase ; et qui ont la particularité de pouvoir être supprimés ou déplacés.
En bref, une phrase, c’est un peu comme les pièces d’un puzzle qu’on peut parfois interchanger pour faire différentes combinaison. Mais il en faut au moins deux, sinon ce n’est plus un puzzle ^^.

La séquence CE1 introduit les compléments de lieu. La séquence CE2 va un peu plus loin : elle aborde aussi les compléments de manière et de temps.
Lors de la seconde séance, je fais le choix de proposer des phrases contenant les trois types de compléments de phrases. Et ce, même avec mes CE1.
Les CE1 parviennent très vite à répondre aux questions « où ? », « quand ? », « comment ? » puisque ce sont des questions fréquemment travaillées lors des activités de lecture.
Par exemple, pour reprendre l’histoire de RSSEG, je propose des phrases comme :  « Discrètement, l’animal donne un coup de patte dans l’arbre. » ; « Puis, le petit garçon accroche la dernière guirlande. »

Réussir en grammaire CE2Réussir son entrée en grammaire CE1Ensuite, bien évidemment, je différencie les exercices. Pour cette séquence, j’utilise telles quelles les fiches proposées dans les 2 manuels (à un détail près : chez moi, le groupe sujet est jaune).
Côté CE2, je prends soin de faire tout de même la petite séance de lecture-compréhension sur le texte « Le tunnel sous la Manche » qui sert de base aux exercices.

Voilà pour le déroulé de la séquence sur les groupes dans la phrase. Pour les détails et les documents, je ne publierai bien entendu pas le contenu du manuel ici. Ce ne serait pas très correct ^^.

Et ensuite ?

Une fois qu’on a travaillé sur le découpage de la phrase en groupes de sens, vient le temps de travailler sur le verbe. Conjointement, l’idéal est de travailler sur la phrase négative, puisque le changement de forme permet de repérer facilement le verbe (au présent, en tout cas). 
Et enfin, on travaille en profondeur sur le groupe sujet.
Vous trouverez en bas de l’article les liens vers mes fiches d’exercices.

Bien évidemment, le repérage des groupes dans la phrase ne se limite pas à une séquence en début d’année. Il s’agit d’un travail de tous les jours, au service des activités de production d’écrits. C’est une base qui permet (ou est censée permettre ^^) aux élèves de corriger leurs fautes d’accords, certes. Mais au-delà de ça, enrichir une phrase prend davantage de sens. L’élève comprend vite qu’une phrase contenant uniquement deux groupes essentiels peut être allongée grâce à des compléments de phrases.

Petite activité ritualisée
Chaque jour, nous travaillons sur 4 ou 5 mots que mes élèves doivent apprendre pour le lendemain. Il s’agit d’un travail axé sur le vocabulaire et l’orthographe. 
Deux fois par semaine, je leur demande d’employer 2 ou 3 de ces mots dans une phrase à partir d’une consigne grammaticale.
Par exemple, ils doivent écrire une phrase qui se découpe en 3 groupes (dont l’ordre est imposé, ou non). J’affiche donc 3 pièces de puzzle : 1 jaune pour le groupe sujet, 1 rouge pour le prédicat et 1 verte pour le complément de phrase.
Ainsi, à partir des mots « éléphant » et « chanter », ils peuvent inventer des phrases du type « Un éléphant chante dans la savane. » ou « Sous l’arbre, l’éléphant chantait. »
Petit à petit, selon les notions vues, j’augmente les contraintes avec des consignes supplémentaires : le sujet doit être au pluriel ; le verbe doit être à l’imparfait ; la phrase doit contenir une indication de temps ; etc.
Ces consignes figurent sur des pièces de puzzle blanches que j’ajoute autour des pièces de couleur. Je mets au-dessus les contraintes relatives aux natures des groupes, et au-dessous les autres contraintes.

groupes phrase rituelVoici un exemple en image :

Ici, l’élève doit concevoir une phrase contenant 3 groupes.
Le groupe sujet doit être un groupe nominal féminin pluriel. Le prédicat doit contenir un verbe au présent. Le complément de phrase doit donner une indication de lieu.
Ce qui donnera, avec les mots « éléphant » et « chanter » une phrase comme « Des éléphantes chantent sous un baobab. »

Voici le matériel pour mettre en place ce rituel au tableau :

J’imprime, plastifie et aimante chaque pièce avec un scotch aimanté.
Le fichier contient de gauche contient les pièces que j’utilise en classe. J’utilise des couleurs persos et un maximum de pictogrammes en classe, mais il y a d’autres versions (et des pièces vierges) dans le doc de droite.

Révisions

Les groupes dans la phrase CE1 CE2Enfin, pour réviser toutes ces notions, j’ai réalisé 2 fiches.
J’ai trouvé super chouette le travail qu’Ipotâme a réalisé sur le groupe sujet pour ses CE1. Elle s’est inspirée de l’histoire de Cendrillon et je lui ai piqué l’idée (avec son aimable autorisation).

  • Fiche 1  – Le verbe : compter les phrases, identifier les verbes conjugués, les mettre à l’infinitif.
  • Fiche 2 – Les groupes dans la phrase : encadrer le verbe, découper la phrase en groupes.

Les fiches CE2 sont un peu plus compliquées car j’ai utilisé les points de suspension (que certains de mes élèves ont encore du mal à considérer comme étant un signe de ponctuation final dans la phrase) et des verbes pronominaux.

 

Mon affichage

Pour l’affichage des groupes dans la phrase, j’ai adopté la proposition de REG CE2 : des pochettes en papier cartonné coloré avec rabats. J’ai ajouté les « nuages » que vous voyez sur la photo avec les mots-clés pour se rappeler du rôle de chaque groupe.
Une fois les manipulations terminées, j’ai gardé le matériel en affichage permanent. J’ai ajouté « SUJET » sur la première pochette, puisqu’en CE c’est la seule fonction qu’on étudie réellement.

groupes dans la phrase affiche

Notez que je n’affiche (ou ne donne pas de leçons) contenant les termes « complément de phrase » et « prédicat » qui ne sont pas au programme en CE. Mais je les introduis tout de même en classe. Autant appeler un chat un chat. Sinon on se retrouve assez vite (et j’ai moi-même fait l’erreur) à parler dans les séquences suivantes de « groupe sujet » et de « groupe verbal » conjointement. Or le premier est une fonction alors que le second est une nature… :-/
Je n’oblige absolument pas mes élèves à les nommer, mais ils sont plutôt fiers d’utiliser « les vrais mots de grands » dès le CE1 ^^.


Voir aussi :

Lutin Bazar
Lutin Bazar

14 Commentaires

  1. Bravooooooooooooooooooooo!!C’est tout.

  2. Le déroulé est assez proche mais je te pique l’idée des puzzles et du rituel que je garde dans un coin de ma tête. Je ne sais pas trop où je pourrais coller ce rituel cela dit. Je vais réfléchir, beaucoup réfléchir !

    J’approche les groupes avec les Jogging d’écriture tous les matins. Depuis le premier trimestre, on identifie ces groupes pour vérifier que la phrase est bien construite.

    Par contre, « où ? » et « quand ? » sont plus fréquents que « comment ? ». Ce « comment ? » me pose toujours quelques questions : pour les élève en difficulté, on demande « comment ? » pour l’adjectif et pour les compléments de manière… Ça les perds assez vite. En plus, si le « où ? » et le « quand ? » sont, le plus souvent, au début ou à la fin de la phrase, le « comment ? » est parfois une adverbe en plein milieu dans leurs productions.

    • Comme on voit que le complément de phrase peut être supprimé + déplacé, ils perçoivent rapidement la différence entre un adjectif et un adverbe.

      L’adjectif détaché du nom et parachuté en début de phrase par exemple, donne une phrase incorrecte. L’adjectif ne complète pas la phrase mais un seul mot, et doit donc rester dans le groupe de sens de ce mot.

      De même, l’adverbe est souvent complément de phrase mais comme tu le précises, pas toujours.
      Lorsqu’il modifie un autre mot ou est complément du verbe on le trouve au milieu des phrases. Mais il suffit de faire le test de le supprimer / déplacer et on a la réponse.

      J’insiste énormément là-dessus : on identifie le groupe qu’on pense être un complément de phrase et « on le teste » en le déplaçant et en le supprimant.

      Petit à petit on fait plein de manipulations de plus en plus « complexes » pour enrichir une phrase.
      Par exemple : La poule picore.
      Comment on peut préciser cette phrase ?
      La poule picore des graines. –> « des graines » ne peut être supprimé mais pas déplacé donc ce n’est pas un CDP, et puis ça répond à la question « quoi », ça va avec le verbe.
      La poule picore dans la cour. –> « dans la cour » peut être supprimé et déplacé et répond à la question « où » donc c’est un CDP, on arrive à une phrase de 3 groupes.
      La poule rousse picore. –> « rousse » répond à la question « comment ? », peut être supprimé mais pas déplacé donc ce n’est pas un CDP. C’est un mot qui donne des infos sur la poule donc c’est un adjectif.
      Etc. Ca n’est pas acquis en 2 jours bien sûr, mais ils ont pigé hyper vite, et certains CE1 plus vite que les CE2.

      • Je fais mon élève pénible mais parce que les miens sont pénibles : l’adjectif aussi peut être supprimé. Bon par contre, il ne peut être qu’avant ou après le nom, ou après un verbe d’état… mais ça fait beaucoup à vérifier pour eux ! Si on se base sur le sens, on y arrive un peu mieux mais verbe et nom doivent de toute façon être maitrisés sans le moindre doute. Le test du « déplacé en début de phrase » me semble irréprochable. Je vais me limiter à ça avec mes élèves en très grosse difficulté.

        Après, j’entends déjà certains très bons me dire « Mais maitresse, on peut dire « Fachée, la poule s’en va. » alors que « fachée » c’est un adjectif donc il va avec le nom « poule », non ? Pourtant, on peut le supprimer et le déplacer en début, milieu et fin de phrase ! ».

        Aaah… si tous les élèves étaient moyens… on s’ennuierait, hein ? 😛

        • Haha dans tous les cas il y aura toujours l’exception qui ne confirme pas la règle. C’est toute la magie de notre langue ^^
          Donc clairement pour le cas de la poule fâchée, ben tu n’as qu’à leur dire que ça ne sert à rien de bouder et qu’elle ferait mieux de se calmer la poulette. Non, ça marche pas ?!

          J’ai attendu d’avoir bien le truc en main avant de faire cet article, pour me baser sur mon vécu. Il est vrai que mes élèves roulent bien cette année, mais il ne faut pas oublier que je parle aussi d’élèves de CE1 avec qui ça passe pourtant très bien.
          Avant toute chose, avant toute technique, j’insiste à fond sur le découpage en groupes de sens (ce qu’on met bien en évidence avec la première séance de lecture de Retz, si tu as le bouquin : on lit en découpant n’importe où pour voir la réaction des élèves). Les mots qui fonctionnent ensemble vont dans un même groupe. Donc pour la plupart des phrases, le découpage est instinctif.
          Le fait de tester le groupe vient après, en cas de doute : il doit répondre à une des 3 questions (où/quand/comment) + on doit pouvoir le supprimer ET le déplacer. Un test en 3 étapes que mes élèves ont assimilé hyper rapidement.
          Alors bien entendu, j’ai aussi quelques élèves pour lesquels c’est plus difficile, je ne dis pas que c’est infaillible ou magique. Et puis dans tous les cas, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. D’où le rituel. Ca aide aussi à concevoir des phrases correctes. Parce qu’en début d’année, certains de mes élèves écrivaient au kilomètre sans ponctuation, sans se questionner… pour eux c’était clair mais bonjour les dégâts à la lecture. Le fait de travailler vite sur la structure de la phrase et de mener cette réflexion sur les groupes de sens, ça les aide vraiment à progresser dans l’analyse de leurs écrits.

          • Rien à redire sur tout ça évidemment. De toute façon, l’infaillible et la magique n’existent pas :P. Merci en tout cas pour toutes ces précisions, et même pour l’article original qui donne à réfléchir :). J’espère que ce genre de pratique continuera de se répandre !

          • Avec les nouveaux programmes, pas trop le choix donc c’est à souhaiter 😉
            Merci pour tes comm’ !

          • Je crois que les programmes, on ne les avait pas attendus. Je suis très (très) contente qu’ils aillent dans ce sens mais on sait qu’ils pourraient encore changer dans les 5 prochaines années après tout. Je pense que je continuerais tout de même en ce sens :P.

            Et pas de soucis pour les com. C’est toujours génial de commenter ici, on sait qu’il va y avoir de la discussion ! J’imagine que les vacances aident un peu :P.

          • Non clairement, on ne les a pas attendus !! Et il est plus qu’évident que je ne reviendrai pas en arrière, peu importe ce qui est demandé. Le but c’est d’aller dans le sens des élèves, de leur compréhension et de leur appropriation de la langue. Hors de question de mettre ça de côté pour je ne sais quelle nouvelle formulation des IO ^^.

          • Vive la liberté pédagogique 😛

  3. Tu fais donc un grand nombre de séance de Grammaire regroupant tes CE1 et tes CE2! Cela me rassure, je ne suis pas la seule. Je ne l’ai d’ailleurs pas assez fait cette année en début d’année (je venais d’arriver dans ce nouveau niveau avec une classe CP-CE1-CE2). Pour l’année prochaine, je me questionne que la réalisation d’une programmation quasi commune entre les CE1 et les CE2 en grammaire à partir de RSSEG CE1 et REG CE2. Mais, comment fais-tu en conjugaison? Je trouve cela plus difficile de travailler en commun.

    En tout cas merci pour tes échanges et ton travail!

    • Côté grammaire je fais en effet tout en commun. Pour la conjugaison, tu peux lire mon article, je ne fais pas de séances de conjugaison à proprement parler mais beaucoup d’observation. Certains textes de lecture en CE2 me permettent d’approfondir davantage. Mais dans tous les cas, le programme diffère très peu donc ce n’est pas un souci. Tu peux voir ma prog ici, tu verras qu’il n’y a qu’en fin d’année que je différencie pour pousser en CE2.

  4. Soyons originale : merci !

  5. en Belgique : 7 natures = dont le verbe mais le G.V. est une fonction …

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